2 novembre 2026 · 3 min de lecture

La causerie d’avant-match : préparer ce que tu vas dire

Dix minutes avant d’entrer sur le terrain, ton groupe n’a de place que pour quelques idées. La causerie, c’est choisir lesquelles.

Par Alban Tanquin, entraîneur de football, créateur de Secundo.

À quoi sert la causerie

La causerie n’est pas une séance de tactique. Le plan de jeu se travaille dans la semaine, à l’entraînement. Le jour du match, tu rappelles l’essentiel et tu mets ton groupe dans le bon état d’esprit. Si tu découvres un principe de jeu dans le vestiaire, il est trop tard.

Partir de l’adversaire et de ton plan

Avant d’écrire quoi que ce soit, réponds à trois questions. Qu’est-ce que l’adversaire fait bien, et qu’est-ce qu’il te laisse ? Qu’est-ce que ton équipe doit faire pour gagner ce match-là ? Qu’est-ce qui s’est mal passé la dernière fois, contre lui ou contre une équipe qui lui ressemble ? Tes messages viennent de ces réponses, pas d’une liste toute faite.

Trois messages, pas plus

Un joueur qui entre sur le terrain retient peu de choses. Choisis trois messages, et dis-les simplement :

  • un message avec ballon : ce qu’on fait quand on l’a (« on attaque la profondeur dès qu’on peut » ou « on fait tourner avant d’accélérer ») ;
  • un message sans ballon : ce qu’on fait quand on le perd (« on presse tout de suite » ou « on se replace d’abord ») ;
  • un message sur l’état d’esprit : ce que tu attends du groupe aujourd’hui.

Si tu en as cinq, garde les trois qui comptent le plus pour ce match. Les deux autres peuvent attendre la mi-temps.

Parler au groupe, parler à un joueur

La causerie s’adresse au groupe. Une consigne pour un seul joueur (un latéral qui doit surveiller un ailier rapide, un milieu qui doit couvrir), donne-la-lui avant, en tête-à-tête. Devant tout le monde, elle se perd ou elle met la pression sur un seul.

Le ton et la durée

Parle avec tes mots, ceux que ton groupe connaît. Une causerie lue sur une feuille sonne faux ; une causerie préparée puis dite à ta façon passe. Fais court : quelques minutes, puis tu laisses les joueurs finir de se préparer.

Après le match : noter

Le soir même, note ce qui a marché et ce qui n’a pas pris. Deux lignes suffisent. Le jour où tu retrouves cet adversaire, ou que tu prépares une causerie qui y ressemble, tu repars de là au lieu de repartir de zéro.